coronavirus

La situation de la pandémie du coronavirus évolue rapidement, les conséquences économiques de la crise sont évoquées régulièrement dans les médias. Qu’impliquent exactement le chômage partiel, la récession, la crise économique, la crise financière ? Et surtout comment réagir face à la crise économique et financière liée au coronavirus ?

Pour rappel, j’ai été professeur d’économie gestion de nombreuses années, je vais donc tenter de vous expliquer l’essentiel, le plus simplement possible. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser en commentaire.

 💡 Pour compléter les informations de cet article lisez également : Comment dépenser moins pendant le confinement ? Spécial pouvoir d’achat !

L’impact du Coronavirus sur l’économie après le confinement

Une crise économique sans précédent

La crise sanitaire actuelle est en train de déclencher une crise économique mondiale. L’impact exact de cette crise est encore difficile à quantifier, mais le choc risque d’être extrêmement violent dans le monde entier.

Cette crise ne ressemble pas aux précédentes. Elle n’est pas causée par l’éclatement d’une bulle (la baisse des bourses est la conséquence et non la cause de la crise), ni par un problème d’ajustement des taux de change, ni par une envolée du prix du pétrole (celui-ci s’effondre), ni par des destructions massives causées par des bombardements (comme la seconde guerre mondiale). Le problème économique principal est le confinement de la population qui réduit la demande (les magasins non-essentiels sont fermés et les consommateurs confinés) et l’offre (beaucoup de travailleurs sont bloqués chez eux).

Toute comparaison avec d’autres crises économiques comme la crise de 2008-2009 ou 1929 n’a donc aucun sens.

Face à cette crise inédite, le risque est une envolée du chômage et des faillites en cascade. À l’échelle mondiale, les faillites risquent d’augmenter de 25% dans les prochains mois, ce qui est totalement inédit. En France, la projection fait état de plus 15% de faillites, ce qui représente 58.000 entreprises !#

La consommation des ménages en France* a fondu d’un tiers (33,7%) au mois d’avril par rapport à celle du mois de février, avant la crise sanitaire, et de 20,2% par rapport à mars, selon des données publiées par l’Insee vendredi.

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La France plonge dans une récession sans précédent

La France est officiellement entrée en récession avec un plongeon de 5,8 % du PIB au premier trimestre 2020. Une telle baisse trimestrielle ne s’était jamais observée depuis la création de cette statistique à la fin des années 1940.

Les chiffres du second trimestre 2020 risquent d’être encore plus mauvais que ceux du premier.

impact covid économie mondiale

Les mesures de soutien de l’économie

Tous les gouvernements augmentent leurs dépenses pour aider les entreprises et les ménages en difficulté. En France, se sont plusieurs dizaines de milliards d’euros d’aides + qui sont actuellement injectés pour soutenir l’économie.

Ces mesures vont mécaniquement creuser le déficit public. L’Etat va devoir s’endetter. Le pays emprunte actuellement des milliards (à des taux très bas) et va s’endetter à des niveaux jamais peut-être atteints dans l’Histoire.  « Il n’existe pas de cagnotte, le pays va vivre à crédit. Le déficit 2020 ira peut-être jusqu’à 7%, 8%, 9%. Jusqu’à ce que l’épidémie s’arrête. La dette, elle, pourrait atteindre 150 % du PIB », estime Jean-Paul Betbeze, professeur d’économie et de finances à l’université Paris-II dans Le Parisien=. Hausse d’impôts ou pas, il faudra bien rembourser tôt ou tard.

Selon le projet de loi de finances rectificatives du 23 mars, le déficit public devrait s’établir à 3,9 % du PIB en 2020 (contre 2,2 % du PIB anticipé avant la crise). La dette publique dépasserait ainsi les 100 % du PIB. Cependant, au vu des premiers indicateurs économiques, la crise pourrait être plus violente, et le déficit public risque de se creuser au-delà du seuil annoncé par le gouvernement.

Finalement (mise à jour 17/04) Le déficit public va passer les 9% du PIB contre 3,9% prévus dans le premier budget rectificatif. Une des explications réside dans la prévision d’une baisse des recettes fiscales de 42,7 milliards d’euros cette année en France. Enfin, la dette va atteindre 115% du PIB. *

Selon les prévisions de la Banque de Francele PIB français devrait se contracter de 6 % au 1er trimestre 2020, en conséquence de l’épidémie de Covid-19. Ce plongeon du PIB attendu au premier trimestre est historique. Le pays devrait connaître une crise plus violente que celle de 2008-2009, qui était déjà la plus sévère depuis 1945.

Une réduction de l’activité qui aura des conséquences

Selon la Banque de France, l’activité économique a été réduite de 32 % pendant les 15 jours de confinement du mois de mars. Ainsi, quinze jours de confinement entraînent une perte de PIB annuel d’environ 1,5 %.

Le FMI s’attend à une crise « profonde » mais impossible pour l’instant de dire exactement qu’elle va être son ampleur. Il faut bien comprendre que l’économie mondiale n’a jamais jamais été stoppée nette de cette façon. C’est inédit ! Les spécialistes sont unanimes, il va y avoir une crise et une récession importante. La question, est maintenant de déterminer comment amortir le choc …

Représentation des différents scénarios envisagés.
Les scénarios proposés par la banque de France (https://covid19-economie.banque-france.fr/comprendre/quelles-perspectives-economiques-face-a-la-crise-sanitaire/)

Pourquoi ? Déjà parce que malgré les mesures d’indemnisation, de nombreux salariés au chômage partiel vont voir leurs revenus diminuer durant cette période de confinement ce qui aura un impact direct sur leur pouvoir d’achat. Certaines petites entreprises à l’arrêt pendant le confinement vont avoir du mal à survivre. Si des entreprises ferment, ce sont des vagues massives de licenciements qui s’annoncent. Les entreprises qui vont survivre risquent d’augmenter leur prix pour compenser leur baisse de chiffre d’affaires.

Un article des Echos* explique : “Le chômage partiel est un pansement de courte durée”, précise François Ecalle, ancien rapporteur général à la Cour des comptes et président du site d’information Fipeco. Quand l’Etat ne prendra plus en charge les salaires et si l’activité ne redémarre pas rapidement, il y aura nécessairement des vagues de licenciements, des gels d’embauches et des faillites d’entreprises. Selon une récente étude de l’organisme d’assurance-crédit Coface, les faillites pourraient bondir de 15% cette année en France.

évolution de l'emploi salarié covid

l’Unédic, qui gère le régime d’assurance-chômage, anticipe la destruction de 900.000 emplois salariés fin 2020 par rapport au quatrième trimestre 2019, comme elle l’a indiqué dans un communiqué ce jeudi 18 juin. La restauration est pour l’instant particulièrement impactée suivi par les services aux ménages.

impact covid sur l'emploi interimaire

L’emploi intérimaire recule de 40,4 % au 1er trimestre 2020 !

 

Une crise économique ET financière

Le 12 mars, a été considéré comme un jeudi noir sur les marchés boursiers du monde entier. Vous vous demandez peut être, comment le coronavirus peut perturber à ce point le marché boursier et l’économie mondiale ? Si vos cours d’économie du lycée sont un peu loin, je vous explique.

Les pays à travers le monde dépendent les uns des autres pour la production des biens et services tels que les vêtements, les pièces automobiles ou la téléphonie. Le fait d’avoir mis une partie de la population en quarantaine, ralentit la production de ces produits et donc la croissance économique. L’interdiction de voyager (vols et voyages annulés), l’interruption des échanges à cause de la fermeture de certaines usines de production, la baisse de la consommation de certains produits,…etc créent une panique importante qui se répercute directement sur le marché boursier.

Pour simplifier et schématiser, investir sur les marchés financiers, a pour unique but de faire des profits. Du coup, quand une entreprise mondiale annonce la fermeture de ses usines à travers le monde (ou l’annulation de ses vols,…) pour une durée indéterminée, les investisseurs se disent à juste titre, que la production et donc les ventes vont baisser. S’il y a moins de ventes, il y a moins de bénéfices. Si les entreprises ne font plus de bénéfices, les profits espérés par les investisseurs s’envolent. Autrement dit, la Bourse suit la santé des entreprises, anticipant une dégradation de leur activité, de leurs bénéfices et donc de leurs investissements.

Quelle est la réaction des investisseurs paniqués ? Ils vont décider de vendre ces actions au plus vite. Sauf, que si tout le monde vend et que plus personne ne veut acheter et bien le marché boursier dégringole.

D’ailleurs, en Bourse, la crise du Covid-19 a d’abord affecté les valeurs très liées à la consommation chinoise. Les actions dans le secteur du luxe comme Kering ou LVMH, du transport aérien ou du tourisme (Air France-KLM, Accor) ont été fortement impactées. Les groupes qui possèdent des usines dans la région de Wuhan (épicentre de l’épidémie), à l’instar de Seb ou PSA, ont également vu leur valeur sanctionnée par les marchés.

Ces explications sont volontairement très très simplifiées. Vous avez compris l’idée générale ? Super ! Passons à la suite.

Infographie - de la crise sanitaire à la crise économique
Infographie de la banque de france disponible ici : https://covid19-economie.banque-france.fr/comprendre/de-la-crise-sanitaire-a-la-crise-economique-comprendre-en-infographie/

Que faire de ses titres durant cette période de crise ?

Mais vous vous dites peut être, que dois je faire avec mon compte titres ou mes actions ? Une chose simple et très importante : Ne paniquez pas !! Les pertes que vous voyez apparaître sur vos actions ne sont que virtuelles pour l’instant. Elles deviendront réelles que si vous retirez votre argent du placement.

Au moment d’investir, il ne faut pas oublier que pour les pertes subies sur les marchés financiers, il n’existe pas de protection. Les épargnants les assument eux-mêmes.

Un investissement c’est du long terme ! Pour avoir un retour sur investissement, il faut bien souvent investir patiemment durant de nombreux mois. Cette logique continue de s’appliquer.

Paniquer et tout vendre alors que les prix sont actuellement très bas, va vous faire perdre beaucoup d’argent. En patientant un peu, les cours vont finir par remonter et vous pourrez vendre si vous le souhaitez, mais à un prix plus intéressant.

Ne laissez pas vos émotions prendre le contrôle de votre argent.

Avant d’investir de l’argent sur des produits boursiers assurez vous toujours d’avoir constitué un fond d’urgence pour vous permettre de garder une certaine tranquillité durant les périodes d’inquiétudes. Deux personnes sur trois ne connaissent pas le taux actuel du Livret A (AMF). Et 89% de l’épargne s’investissent dans des placements qui rapportent moins que l’inflation (Banque de France).

Les dépôts nets du Livret A et du LDDS ont bondi de 50% entre mars 2019 et mars 2020.

Si vous avez des doutes ou des questions sur certains placements en particulier, prenez contact avec votre conseiller financier.

Surtout, ne laissez pas la peur de l’inconnu vous contrôler. Vous avez le pouvoir de décider comment vous allez réagir. Ne videz pas non plus votre compte courant en achetant du papier toilettes en grandes quantités et des solutions hydroalcooliques hors de prix.

Certaines personnes spéculent et prévoient l’avenir. La vérité c’est que personne ne sait vraiment quel sera l’impact de cette pandémie de coronavirus sur les marchés boursiers et l’économie mondiale. La bonne nouvelle c’est que vous pouvez contrôler la manière dont vous allez réagir.

Même après les pires crises économiques de l’histoire, le marché financier a toujours fini par rebondir. Gardez le cap dans les habitudes budgétaires et financières que vous avez prises et laissez la crise financière passer avant de toucher à vos investissements.

La meilleure chose à faire pour son budget pendant le confinement !

Pourquoi ne pas profiter de cette période pour vous former ? Début mai, j’ai proposé une nouvelle formation inédite Dépenser moins et manger mieux 100% consacrée à l’optimisation du Budget Alimentaire ! Si tu veux arrêter de te prendre la tête à cause du montant de tes tickets de caisse et préparer l’avenir post coronavirus qui s’annonce compliqué au niveau économique réserve vite ta place ici !

Réserver ma place

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Bonjour, moi c'est Amélie, J’ai commencé à rechercher des astuces et des bons plans quand j’étais étudiante pour financer mes études en Economie et Droit. Finalement,les bonnes habitudes que j’avais prises ne m’ont jamais quittées. Après avoir exercé plusieurs métiers (conseiller bancaire, professeur d'économie gestion,...) j’ai développé mes méthodes, repéré et testé de nouvelles astuces. Aujourd'hui, je me consacre entièrement à la création des contenus pour aider un maximum de familles à dépenser moins et profiter plus de la vie. Lire la suite

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