Dépassements d’honoraires : Comment les éviter ?

Le prix des complémentaires santé augmente et le montant des remboursements de la sécurité sociale baissent. Dans ce contexte, comment prendre soin de sans santé en limitant les frais ? Comment faire pour éviter les dépassements d’honoraires ? En adoptant quelques mesures simples et en faisant preuve d’un peu d’organisation dans le suivi de sa santé, il est possible de réduire considérablement ses frais de santé.

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Changer ses habitudes

Souvent, on va chez le médecin dans l’urgence au moment où le besoin se présente, sans vraiment réfléchir au coût que cela représente. Notre carte vitale en poche on se dirige vers le cabinet confiant et insouciant. Mais, la sécurité sociale ne rembourse pas intégralement les honoraires de professionnels de santé. Les mutuelles participent et complètent le remboursement de la sécurité sociale mais on n’obtient pas forcément 100% de remboursement.

Donc, on paye sagement une fois la consultation terminée. Puis, le temps passe et on est remboursé en partie. Entre temps, on a oublié combien on avait payé exactement et on se retrouve avec des dépassements d’honoraires qui pèsent sur notre budget sans même que l’on s’en rende compte. La première chose à faire est donc de suivre ses remboursements santé.

Ensuite, il faut trouver le bon équilibre dans la consultation de son médecin. Ne pas y aller au moindre éternuement, tout en étant prudent face à l’automédication. A l’inverse, il ne faut pas repousser les visites de routine, surtout en cas de maladie chronique pour prévenir les récidives ou l’aggravation.

Le généraliste c’est minimum une fois par an pour faire le point et voir si tout va bien. Une prise de tension, une prise sang peuvent permettre de diagnostiquer nombre de maladies. Tant que vous êtes en activité, vous aurez des visites régulières chez le médecin du travail qui permettra de faire le point sur certaines pathologies liées à votre activité.

En janvier 2020 a été mis en place le reste à charge zéro qui constitue un bon moyen de réduire ses frais d’optique, dentaire et auditif, pour en savoir plus consultez l’article : Reste à charge zéro optique, dentaire et auditif : Le guide complet

En 2018, les Français ont payé 2,7 milliards d’euros de dépassements d’honoraires !

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Comprendre les dépassements d’honoraires

Pourquoi le prix d’une consultation chez le médecin peut varier ? Déjà les honoraires sont différents s’il s’agit d’un médecin généraliste ou d’un spécialiste. Une majorité de généralistes appliquent les tarifs conventionnés alors que c’est loin d’être le cas des spécialistes. En 2019, selon l’assurance maladie 95% des 49 884 généralistes exerçant actuellement en France et  47 % seulement des spécialistes pratiques les tarifs conventionnés.

Pour chaque acte médical, la sécurité sociale à fixé un tarif de référence. Le montant du remboursement est calculé à partir de ce tarif. Par exemple, la sécurité sociale a fixé le tarif de référence d’une consultation chez le médecin généraliste à 25€.

Les médecins du secteur 1 appliquent les tarifs fixés par l’assurance maladie pour l’ensemble de leurs prestations. Ils ne sont pas autorisés à pratiquer de dépassements d’honoraires hors exigences particulières du patient (consultation en dehors des heures habituelles par exemple). Donc si vous voulez être bien remboursés (sécurité sociale + mutuelle) privilégiés les praticiens du secteur 1. Je vous explique comment les trouver, dans la suite de l’article.

Les médecins du secteur 2 sont en majorité des spécialistes. Il déterminent librement leurs honoraires avec “tact et mesure” (jusqu’à 7 fois le tarif de référence de la sécurité sociale)! On va voir dans la suite de l’article comment réduire malgré tout le montant de la consultation. La mutuelle peut prendre en charge en partie du dépassement d’honoraire.

Les médecins du secteur 3 n’ont pas de contrat avec l’Assurance Maladie. Ils fixent donc leurs tarifs comme ils le souhaitent. Dans ce cas, les patients sont remboursés sur la base d’un tarif dit d’autorité par l’Assurance Maladie (0,61 € pour une consultation de médecine générale, 1,22 € pour une consultation chez un spécialiste).

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Consulter le montant des honoraires d’un médecin

Pour choisir un spécialiste, on se fie souvent à l’avis de notre médecin traitant ou d’un proche. C’est un excellent moyen de se faire recommander quelqu’un. Cependant, au moment de payer, il arrive d’avoir quelques surprises.

 Le site annuairesante.ameli.fr recense pour chaque praticien son secteur d’activité et le tarif pratiqué pour les actes courants !

Le site de la sécurité sociale permet de choisir un professionnel de santé ou un établissement de soins en fonction de plusieurs critères. Les honoraires pratiqués et notamment les dépassements d’honoraires sont clairement indiqués.

Cette précision est bien utile, si votre complémentaire ne prend pas en charge les dépassements d’honoraires. Ce site vous permettra de gagner un temps précieux pour choisir un praticien sans avoir à faire le tour de tous les spécialités de votre région par téléphone pour demander tout cela à leur secrétaire. A utiliser sans modération !

Pour une hospitalisation, vous aurez également accès à plusieurs informations comme le coût de l’intervention, le montant des remboursements et du reste à charge. Ce site est très pratique pour comparer un établissement de santé par rapport à un autre.

Certaines consultations sont remboursées alors que d’autres ne le sont pas. Par exemple consulter un nutritionniste est pris en charge alors que pour le diététicien il n’y a pas de participation de la sécurité sociale.

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Déclarer son médecin traitant

Déclarer son médecin traitant est une démarche qui prend quelques minutes mais permet de faire de réelles économies. Demandez le à votre médecin.

Sans médecin traitant déclaré vous êtes moins bien remboursé par l’Assurance Maladie et la majoration ne sera pas prise en charge par votre complémentaire.  Pour une consultation chez un généraliste votre remboursement sera de 16.50€ si vous consultez votre médecin traitant ou de 6.50€ si vous consultez n’importe quel médecin. La différence est de 10€ pour chaque consultation !

Aujourd’hui, le médecin traitant doit devenir le coordinateur de vos soins. C’est ce qui est appelé le parcours de soins. En d’autres termes, c’est lui qui doit vous adresser à un spécialiste en cas de besoin. Donc, plutôt que de prendre des initiatives personnelles, demandez conseil à votre médecin traitant. Avant d’aller consulter un spécialiste, il faut passer par son médecin généraliste pour être bien remboursé par la sécurité sociale. Sauf pour une consultation chez un gynécologue, un ophtalmologue, un dentiste ou un psy.

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La consultation de spécialistes et les examens conseillés

Le gynécologue : une fois par an. Pour réaliser un examen clinique des ovaires, de l’utérus mais aussi des seins. Le généraliste est aussi habilité à effectuer cet examen. À partir de 50 ans, même si l’on est en bonne santé, il est donc recommandé de faire une mammographie de dépistage tous les deux ans jusqu’à 74 ans.

Dentiste : Une fois par an à partir de 6 ans. Pour dépister les caries, les amalgames ou les prothèses dentaires à changer. Il peut aussi découvrir une pathologie des gencives.

Dermatologue : Une fois par an en cas d’hérédité défavorable, de phototype clair et surtout en cas d’apparition de tâches ou de nouveaux grains de beauté.

L’ophtalmologiste : Une fois tous les deux ou trois ans pour contrôler l’acuité visuelle, le cristallin, la tension de l’œil, et le fond de l’œil. C’est également la date limite de validité d’une ordonnance de lunettes qui pousse à retourner voir l’ophtalmologiste. Pour les enfants, il est préférable de faire une rendez vous par an pour diagnostiquer les évolutions de la vue.

Le dépistage du cancer du col de l’utérus est proposé à toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans, sauf indication contraire du médecin. Les deux premiers tests réalisés à 1 an d’intervalle, puis, si les résultats sont normaux, un frottis à 3 ans.

L’audition : Une fois vers 50 ans puis une fois par an si vous souffrez d’acouphènes. Beaucoup de français sont sous diagnostiqués et/ou sous appareillés.

Le cardiologue si vous pratiquez un sport intensif ou que vous avez des antécédents de problèmes cardiaques dans la famille. Vous pouvez faire un électrocardiogramme vers 40 ans.

Le test immunologique colorectal doit aussi être effectué tous les deux ans entre 50 et 74 ans.

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L’examen de prévention santé gratuit

Un des meilleur moyen de limiter les frais de santé est la prévention. Mieux vaut prévenir que guérir comme dit l’adage. La première mesure à prendre pour sa santé repose sur la prévention. Une bonne alimentation, un sommeil suffisant, une activité physique régulière, pas de tabac et une consommation d’alcool limitée sont autant de bonnes habitudes qui préservent la santé.

La sécurité sociale propose à ses assurés de faire un bilan de santé gratuit. Demandez le vôtre ! Cet examen de santé, permettra en fonction de votre âge, de votre sexe et des facteurs de risques liés à votre mode de vie, de faire des tests adaptés. Ce bilan de santé gratuit et complet est proposé tous les 5 ans pour les assurés à la CPAM ou la MSA.

Un questionnaire médical est joint à la convocation et doit être apporté le jour du bilan. Vous devez le remplir avec soin, car il permet d’orienter les examens que vous allez passer et éventuellement de déclencher des examens complémentaires.

Des examens complémentaires ou un suivi médical peuvent être déclenchés à la suite de ce bilan avec une consultation chez le médecin totalement prise en charge par l’Assurance Maladie. Vous allez rencontrer des médecins et des spécialistes en fonction de vos besoins et tout cela gratuitement donc sans dépassements d’honoraires ! De plus c’est un excellent moyen de prévention et de suivi de votre santé.

Examen prévention santé
Infographie sur l’examen prévention santé, source : ameli.fr

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Le programme M’T Dents

Tous les 3 ans, l’Assurance Maladie offre un rendez-vous chez le dentiste aux enfants et aux jeunes jusqu’à l’âge de 24 ans. L’Assurance Maladie offre également un rendez-vous aux femmes enceintes. Depuis le 1er avril 2019, les enfants sont invités dès l’âge de 3 ans à des rendez-vous de prévention chez le chirurgien-dentiste.

Cet examen et les éventuels soins qui en découlent sont offerts par l’Assurance Maladie, (hors traitements d’orthodontie pour le positionnement des dents et prothèses) il n’y a aucuns frais à avancer.

Lors de ce rendez-vous, le dentiste :

  • vérifie la santé des dents et des gencives ;
  • donne des conseils pour bien s’occuper des dents ;
  • propose un ou plusieurs nouveaux rendez-vous si des dents doivent être soignées.

Un mois avant la date anniversaire de l’enfant, les parents reçoivent un courrier de l’assurance maladie. Il faudra l’imprimer s’il a été reçu sur le compte ameli pour le présenter au médecin avec la carte vitale. Le formulaire M’T dents est valable un an à partir de l’anniversaire de votre enfant.

ARTICLE UTILE ➡ Comment réduire la facture chez le dentiste ?

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Demander un devis pour comparer

Pour une intervention chirurgicale, on ne pense pas à demander un devis avant de passer à l’acte. Et pourtant ! Il est possible de faire de grosses économies en comparant et en choisissant un spécialiste qui ne pratique pas des dépassements excessifs. Certaines mutuelles proposent même de comparer vos devis et de vous aider à trouver un spécialiste de leur réseau pratiquant des honoraires modérés.

Vous êtes évidemment totalement libres d’accepter ou refuser le devis d’un spécialiste pratiquant les dépassements d’honoraires. N’hésitez pas à demander plusieurs devis pour faire jouer la concurrence.

D’ailleurs, pour les prestations de santé, le professionnel de santé doit obligatoirement fournir à son patient un devis écrit s’il pratique un dépassement d’honoraires de plus de 70€. Pour les produits d’optique médical, un devis gratuit est obligatoire sans limite de montant. Le prix des verres est très variable en fonction des différentes options. On ne vous présentera pas forcément le prix le moins élevé spontanément. Alors n’hésitez pas à demander et préciser que vous allez comparer les prix.

ARTICLE UTILE ➡ 3 Pistes pour réduire le prix de ses lunettes

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Se faire soigner dans un centre mutualiste

Les centre de santé mutualistes permettent de se faire soigner sans avoir un reste à charge trop élevé. Il existe actuellement près de 500 centres de santé en France, ouverts à tous.

Le plus souvent, ces centres sont polyvalents qui regroupent plusieurs spécialités médicales : soins dentaires, gynécologie, médecine générale… Ils accueillent souvent de jeunes praticiens qui s’installent ainsi plus facilement que dans un cabinet indépendant. Pour les patients, le gain financier se révèle souvent important car les tarifs restent abordables.

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Opter pour un spécialiste adhérant à l’OPTAM

Pour les spécialistes et les médecins du secteur 2 qui pratiquent les dépassements d’honoraires, il est possible d’adhérer à l’OPTAM. Ce qui présente deux avantages :

  • le montant des dépassements d’honoraires est limité
  • le remboursement par la sécurité sociale et la mutuelle est plus important

En 2018, 58 % des spécialistes de secteur 2 n’adhèrent pas à l’OPTAM. Voici la différence de remboursement (basé sur le calcul proposé par le site que choisir dont vous pouvez retrouver le détail ici) :

  • pour une consultation de 69€ chez un dermatologue adhérent à l’OPTAM vous serez remboursé intégralement par votre assurance santé
  • pour une consultation de 69€ chez un dermatologue non adhérent à l’OPTAM votre reste à charge sera de 23€

Une différence non négligeable !

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Vérifier la facture de la clinique

Selon la Répression des fraudes qui a mené en enquête auprès de 200 établissements, certaines cliniques facturent des prestations n’ayant pas de fondement médical ou mettent à la charge du malade des frais sans avoir obtenu son accord.

Voici quelques exemples de prestations facturées :

  • forfaits administratifs (10€) : accompagnement du patient dans certaines formalités administratives comme l’appel d’un taxi.
  • forfait ambulatoire (15 à 45€) : proposer une collation améliorer ou une assistance téléphonique.
  • Mise en place d’un numéro surtaxé (15 à 70 centimes d’euros la minute) : cette pratique n’est pas autorisée pour un établissement de soin que le patient cherche à joindre.

 ➡ Et vous, comment faites vous pour éviter les dépassements d’honoraires ? 

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